Samedi 15 mai

Route vers le sud (Nationale 7) : Parc national de Ranomafana

Avant le départ, Paul vide son appareil photo sur son memory stick, via le portable d’un Malgache en 4 x 4, sympathique client du Zomatel, « bon hôtel » concurrent du nôtre. On achète des cartes artistiques dans la boutique de Pierrot Men, photographe célèbre à Mada, spécialisé dans les sujets populaires et sociaux. C’est évidemment l’occasion de se faire prendre en photo, avec Tô, dans le jardin attenant à la boutique.

Chez Pierrot Men

La « route » (seule possible des deux qui y mènent, pour notre carrosse en tout cas) vers le parc national de Ranomafana devient très vite piste de terre rouge, et l’environnement est de plus en plus humide et tropical. Tô est un expert de la conduite sur ornières boueuses. Mais on ne fait pas plus que 10 km/h et on s’arrête sans cesse pour fleurs, champignons (de plus en plus nombreux), mais aussi des fruits, notamment les goyaves sauvages, surtout les rouges, etc. Sur la route, courte halte dans un village où la pauvreté est extrême: les hommes s’y activent à la forge, et les enfants nous prennent d’assaut pour quelques bonbons. Comme partout dans les villages, le feu est fait dans la maison à même le sol (il n’y a pas de cheminée), et la fumée s’échappe par porte et fenêtres, noircissant les linteaux.

Halte villageoise Forêt primaire tropicale

Nous arrivons au parc en plein cœur de la forêt primaire tropicale. Dès l’entrée, un torrent digne d’Indiana Jones. Nous nous installons au Domaine Nature, catégorie « plus chic » du routard, exception pour profiter d’un site exceptionnel : des bungalows bâtis à flanc de côteau, reliés par des passerelles de bois, au coeur d’une végétation incroyable, de bananiers, papayes, et de tas d’arbres qui chez nous poussent chétivement dans des pots, alors qu’ici ils sont monstrueux (style ortie rouge, ou plante verte rayée de jaune avec de magnifiques fleurs rouges, etc.). Bref, Tarzan et Jane, sur la terrasse en bois de leur hutte appelée Ylang-Ylang (clin d’oeil à l’ami Marcel !).

On dîne « malagasy » au village avec Tô, puis repos au bungalow, pendant que Paul se faufile en-dessous des escaliers en bois, pour des photos de petits champignons (jusqu’à ce qu’une « grosse » (?) araignée le déloge brutalement. Oufti !

Pour la visite du lendemain, on a passé accord avec le guide Fidi, ivrogne invétéré, mais bon guide-nature, paraît-il. On soupe somptueusement au resto de l’hôtel avec des écrevisses, en conversant avec des coopérants hollandais enthousiastes. Nuit très correcte dans nos feuillages.